culotter

culotter

1. culotter [ kylɔte ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1792 p. p.; de culotte
Vêtir d'une culotte; mettre une culotte à. Culotter un bébé. Pronom. Se culotter. « Votre majesté Est mal culottée » ( chanson du roi Dagobert). ⊗ CONTR. Déculotter. culotter 2. culotter [ kylɔte ] v. tr. <conjug. : 1>
• 1823; de culot
1Culotter une pipe, laisser son fourneau, à force de la fumer, se couvrir d'une sorte de dépôt noir. — P. p. adj. « une superbe pipe en écume admirablement culottée » (Maupassant).
2Noircir par l'usage, le temps. 3. patiner. Culotter des gants. Une théière culottée.

culotter verbe transitif (de culotte) Vêtir quelqu'un d'une culotte. ● culotter verbe transitif (de culot) Laisser, par l'usage, l'intérieur du fourneau d'une pipe se recouvrir d'un dépôt brun.

culotter
v. tr. Culotter une pipe, la faire se revêtir d'un dépôt charbonneux.
————————
culotter
v. tr. Rare Mettre une culotte à. Culotter un enfant.
Pp. adj. Un bébé bien, mal culotté.

I.
⇒CULOTTER1, verbe trans.
A.— Mettre une culotte ou un pantalon à (quelqu'un). Culotter un enfant. Anton. déculotter. [Elle] taille, dans de vieux draps en loques, des pantalons pour culotter sa fille (MARTIN DU G., Vieille Fr., 1933, p. 1038) :
Dans sa nichée [de Marianne], il y en avait de tout âge, un grand qui était père lui-même (...) d'autres, qu'il fallait culotter le matin...
ZOLA, Fécondité, 1899, p. 480.
Emploi pronom. réfl. La Poule, qui tuait des poux dans les coutures de ses pantalons, se culotta et monta (GIONO, Gd troupeau, 1931, p. 205).
B.— Faire des culottes, fournir des culottes à quelqu'un. Auguste Chindé, tailleur spécial et breveté. Je me fis culotter par lui (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 11).
Rem. Lar. 19e, Nouv. Lar. ill. attestent l'emploi abs. Votre tailleur culotte mieux que le mien.
P. métaph. Culotter de. Couvrir de. Un volumineux registre culotté de peau verte (HUYSMANS, En mén., 1881, p. 66). Culotté d'ailes, de cris, de plumes chaudes, de jaune, de rouge, il brandissait un couteau et lui coupait la gorge (COCTEAU, Fin Potomak, 1940, p. 110).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1835-1932. LAND. 1834 écrit culoter. Étymol. et Hist. 1786 « vêtu d'une culotte » (Correspondance littéraire secrète, 5 janv., pp. 3-4, citation de l'Anti-Chartreux, poème chrétien d'apr. G. von Proschwitz ds Studia neophilologica, t. 36, p. 321); 1792 un parti aussi culotté que celui de Brissot (par opposition au parti des sans-culottes) (La Société des Jacobins, Recueil de documents publié par F. A. Aulard, IV, 520 d'apr. Th. Ranft ds Z. fr. Spr. Lit., t. 35, p. 134); 1803 culoter « mettre une culotte » (BOISTE); 1842 se culotter (REYBAUD, J. Paturot, p. 174). Dér. de culotte; dés. -er. Fréq. abs. littér. :8.
II.
⇒CULOTTER2, verbe trans.
A.— Culotter une pipe. Faire se recouvrir l'intérieur du fourneau, à force d'usage, d'une sorte de dépôt noir, afin que le tabac dégage pleinement son arôme lors de sa combustion. Il avait une pipe en terre et il s'appliquait à la culotter, malgré le goût fade et brûlant qu'elles ont au commencement (RAMUZ, A. Pache, 1911, p. 72) :
1. ... en reprenant sa pipe, comme il tremblait, il la cassa. Alors il eut un geste désespéré, et il dit : « Tiens! C'est un vrai chagrin, ça, par exemple. J'en ai pour un mois à en culotter une nouvelle ».
MAUPASSANT, Contes et nouvelles, t. 2, Garçon, un bock! 1884, p. 901.
B.— P. anal. Noircir, patiner par l'usage. Les crachats qui culottaient son parquet de pavés (FLAUB., Corresp., 1840, p. 64). C'était d'la saloperie : du vin à culotter les quarts comme des pipes (BARBUSSE, Feu, 1916, p. 207).
2. On sait d'ailleurs que les antiquaires qui fabriquent des vierges gothiques ou des fausses plaques d'évangéliaires romans, les confient à des spécialistes qui les culottent en les portant sous l'aisselle.
MORAND, Paris-Tombouctou, 1929, p. 228.
Emploi pronom. réfl. :
3. De toutes les peintures modernes, celles qui prennent la plus belle patine de cristallisation, celles qui se culottent le mieux en chefs-d'œuvre, ce sont les Decamps.
GONCOURT, Journal, 1864, p. 37.
[Le compl. d'obj. désigne la peau] Synon. bronzer, tanner. Le soleil s'est enfin décidé à me culotter la peau : je passe au bronze (FLAUB., Corresp., 1849, p. 129).
Emploi pronom. réfl. Se colorer. Sa face d'ivrogne, avec sa mâchoire de singe, se culottait, prenait des tons de vin bleu (ZOLA, Assommoir, 1877, p. 646).
Au fig. ou p. métaph., emploi pronom. réfl. Se renforcer sous l'effet du temps. Voici un pied d'Andalouse, se dit-il à part lui : ceci est de bonne couleur, et ma passion se culotte tout à fait (GAUTIER, Jeunes-Fr., 1872, p. 108).
Prononc. :[]. Ds Ac. 1878 et 1932. Étymol. et Hist. 1. 1823 pipe culottée (ARCIEN, Diorama de Londres, 163 ds BARB. Misc. 9, p. 63); 1827 « donner une teinte foncée, noirâtre » (Th. GAUTIER, Le Petit cénacle ds Les Annales, 5 déc. 1926, 591, ibid.); 2. 1821 pronom. « s'enivrer » (DESGRANGES, Pt dict. du peuple à l'usage des 4/5 de la France, Paris); 3. 1838 pronom. « prendre corps, prendre une tournure décidée » (Th. Gautier ds LARCH. 1872); 1842 trans. « rendre expert et audacieux » (ds ESN.); av. 1866 adj. « qui a de l'aplomb, aguerri » (Gavarni ds LARCH. 1872, s.v. culotté). Dér. de culot (d'une pipe); dés. -er. Les sens 2 et 3 sont issus du sens 1, p. métaph. allusion au culottage de la pipe; cf. avec 2 noir « ivre ». Fréq. abs. littér. :14.
DÉR. Culotteur. subst. masc. Culotteur de pipes. Personne qui culotte des pipes, p. ext. grand fumeur. Je résolus de fumer un peu pour me distraire. Cependant, quoique je fusse un culotteur de pipes renommé, je ne pus pas; dès la seconde bouffée, le cœur me tourna et je cessai (MAUPASS., Sur l'eau, 1888, p. 87). []. 1re attest. 1845 (BESCH.); de culotter2, suff. -eur2.
BBG. — MAT. Louis-Philippe 1951, p. 100, 242; p. 223 (s.v. culotteur).

1. culotter [kylɔte] v. tr.
ÉTYM. 1792, p. p.; de culotte.
Vêtir d'une culotte; mettre une culotte à (qqn). || Culotter un bébé.
1 Votre majesté
Est mal culottée.
Chanson du roi Dagobert, in Littré.
Vx. Faire des culottes pour (qqn). Habiller. || Le tailleur qui a culotté tel grand personnage.Absolt. || Tailleur qui culotte bien.
——————
se culotter v. pron.
Mettre sa culotte, ses culottes. || Il a mis sa chemise et il s'est culotté en vitesse.
——————
culotté, ée p. p. adj.
Vêtu d'une culotte. || Personne mal culottée, qui a mal mis sa culotte (→ ci-dessus, cit. 1).Culotté de… || Personnage culotté de cuir, culotté de bleu : vêtu d'une culotte de cuir, d'une culotte bleue.
2 Le portrait du Président de la République faisait face à la porte, tandis que sur un autre mur, un général chamarré d'or, coiffé d'un chapeau à plumes d'autruche et culotté de drap rouge, voisinait avec des nymphes toutes nues sous des saules.
Maupassant, Fort comme la mort, p. 134.
CONTR. Déculotter.
HOM. 2. Culotter. — V. 2. Culotté.
————————
2. culotter [kylɔte] v. tr.
ÉTYM. 1823, p. p.; de culot (I., 2.).
1 Culotter une pipe, garnir son fourneau, à force de la fumer, d'un dépôt noir, qui donne meilleur goût au tabac (→ Panatela, cit.).
2 Noircir par l'usage. || Culotter des gants de peau. 3. Patiner.Vx. || Le soleil culotte la peau. Bronzer, brûler, tanner.
0.1 Je crois n'avoir rien perdu de cette belle voix qui me caractérise. En revanche j'ai bougrement perdu de cheveux. Le voyage m'a culotté la figure. Je n'embellis pas, tant s'en faut. Le jeune homme s'en va. — Je ne voudrais pas vieillir davantage.
Flaubert, Correspondance, Pl., t. I, p. 732 (1850).
——————
se culotter v. pron.
a (Passif) :
0.2 Lui, ses tableaux… ça recule, ça s'enfonce, ça se dore, ça se culotte en chef-d'œuvre (…)
Ed. et J. de Goncourt, Manette Salomon, p. 303 (1867).
Fig. || Sentiments qui se culottent, s'affermissent.
b (Réfl.). Argot. (Vx). || Se culotter : s'enivrer (→ Être noir).
——————
culotté, ée p. p. adj.
1 Pipe culottée, garnie à l'usage d'un dépôt noir.
1 C'était une superbe pipe en écume admirablement culottée, aussi noire que les dents de son maître (…)
Maupassant, Boule de suif, p. 44.
1.1 Les gentlemen assis autour de la table tapotent leurs vieilles pipes culottées, sirotent leur brandy (…)
N. Sarraute, Vous les entendez ?, p. 8.
2 Noirci par l'usage. || Des gants culottés. 3. Patiner.
2 C'était une pièce toute en longueur, aux murs culottés de fumée (…)
Courteline, le Train de 8 h 47, p. 10.
DÉR. Culottage, culotteur.
HOM. 1. Culotter. — V. 2. Culotté.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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